C'est pas mon idée !

mardi 22 juillet 2014

Le partage d'écran facilite la vente à distance

Vizolution
Découverte à l'occasion d'une expérimentation que lance actuellement l'assureur « LV= », il semblerait que la solution de partage d'écran web de Vizolution ait déjà été adoptée par les plus grandes banques et compagnies d'assurance britanniques. Une opportunité injustement négligée de notre côté de la Manche ?

Traditionnellement, le « co-browsing » est répandu au sein de grandes entreprises, à des fins de support informatique. Plus rarement (en raison de difficultés de déploiement), il est également parfois mis en œuvre sur des sites web destinés au grand public, toujours dans un but d'assistance. Dans tous les cas, il s'agit d'un dispositif grâce auquel l'utilisateur partage son écran avec un interlocuteur distant, afin que celui-ci exécute une tâche ou démontre pas à pas comment réaliser une action donnée.

Beaucoup plus avancé, le produit vScreen de Vizolution reprend ce principe de base et lui adjoint de nouvelles capacités qui le rendent à la fois plus facile à utiliser et susceptible de répondre à d'autres besoins. D'un point de vue technique, c'est d'abord l'intégration qui est soignée : la jeune société affirme et garantit que l'outil est accessible à tout internaute, instantanément, quel que soit son navigateur, sur PC, mobile ou tablette, sans la moindre installation préalable, sans aucun risque d'incompatibilité…

Dans un registre différent, les fonctions disponibles sont aussi considérablement enrichies. Fonctionnant intégralement à double sens (du consommateur vers l'entreprise et vice-versa, à l'initiative de l'un ou de l'autre), il devient possible d'échanger des fichiers (en toute sécurité), d'utiliser un marqueur virtuel sur les contenus affichés, de partager des documents ou des formulaires à l'écran (et non uniquement des pages web), de signer (par voie électronique) un engagement ou un contrat…

Bénéfices de Vizolution

Ainsi armé, un commercial en centre d'appel va pouvoir exposer clairement ses arguments à son prospect, lui présenter des scénarios sur un simulateur, lui faire prendre connaissance et valider des conditions applicables et, enfin, lui soumettre, et même lui faire signer, un contrat. Le cycle de vente se déroule donc entièrement à distance, en temps réel, sans nécessiter l'envoi et le retour de courriers qui font souvent perdre des clients. Enfin, pour assurer le respect des exigences réglementaires, l'ensemble des actions exécutées est enregistré et historisé en détail, prêt à être restitué à la demande.

Il est fréquemment argumenté que la vente à distance – notamment de produits complexes – est handicapée par l'absence de relation face à face, ce qui justifie d'ailleurs la mode émergente des kiosques de visio-conférence dans les nouvelles agences bancaires. Avec vScreen, Vizolution suggère une autre perspective : plus que le contact humain, c'est la capacité à mieux présenter une offre et à finaliser une transaction qui ferait la différence. Et en affichant une augmentation de 20% des ventes avec le partage d'écran, la proposition paraît convaincante…

Pas étonnant, dans ces circonstances, que les institutions financières britanniques se laissent séduire !

lundi 21 juillet 2014

Visa crée un centre d'innovation à San Francisco

Visa
Comme toutes les institutions financières du monde, Visa est aujourd'hui menacée par la transformation des comportements des consommateurs et l'émergence d'une nouvelle concurrence – jeunes pousses du paiement mobile et écosystème du bitcoin, entre autres – qui ne pense qu'à grignoter, sinon faire tomber, son empire.

Cependant, en dépit de quelques initiatives ponctuelles au cours des dernières années, le géant des paiements n'a toujours pas, jusqu'à maintenant, exposé une stratégie claire face aux immenses défis qui le guettent. Même si on n'en est pas encore là, son annonce de l'ouverture, au cœur de San Francisco, d'un grand centre technologique dédié à l'innovation dans les paiements, doté d'importants moyens, pourrait marquer un infléchissement sensible des priorités dans l'entreprise.

En plus de quelques 500 collaborateurs, les bureaux du « Visa One Market » sont également destinés à accueillir des partenaires, clients et autres acteurs de la communauté locale de startups, dans l'objectif affiché de faire émerger collaborativement les solutions de paiement de demain. Là, l'ambition de Visa est d'œuvrer à rester le leader de son marché quand les appareils connectés (gadgets à porter sur soi, internet des objets…), seront devenus les instruments essentiels du commerce de détail.

Accueil du Visa One Market

Les moyens consacrés au centre sont colossaux (il couvrira plus de 10 000 m2) mais l'approche associée reste hélas très floue. Il semble en effet illusoire d'espérer que le seul fait d'être présent à proximité de la Silicon Valley, d'y installer une immense équipe chargée d'imaginer les futurs produits et d'y stimuler les échanges avec les entrepreneurs du cru soit suffisant pour dynamiser l'innovation. Les efforts à déployer pour espérer obtenir des résultats vont bien au-delà, alors que Visa n'évoque qu'un environnement favorable à l'expérimentation et l'interaction…

L'inauguration des lieux ne donne d'ailleurs pas beaucoup plus de raisons d'être optimiste quant au chances de succès de l'opération : la grande nouveauté qui était présentée à cette occasion, « Visa Checkout », s'avère n'être qu'une évolution mineure de « V.me » (qu'il remplacera), le porte-monnaie virtuel de la marque, lancé en 2012 et qui, selon toute vraisemblance, ne parvient pas à trouver sa clientèle (comme je m'y attendais peu après son lancement). Le ton du « One Market » serait-il ainsi donné ?

Il n'est évidemment jamais facile pour une grande organisation de se mettre en ordre de marche en vue d'entamer sa révolution interne. A l'heure où cette dernière est plus que jamais indispensable pour sa survie, Visa a au moins pris conscience de l'enjeu et elle est prête à y consacrer les ressources nécessaires. Malheureusement, elle prend le risque, avec son approche, de rester sclérosée dans sa culture historique. A moins que l'ambiance de San Francisco ne réussisse à dynamiter ses habitudes et prouve la valeur de ce centre d'innovation pourtant mal parti ?

Visa Innovation Center

dimanche 20 juillet 2014

Partenariat IBM-Apple : fantasmes et réalités

IBM
La semaine passée, la presse du monde entier s'est enflammée à l'annonce (surprise) d'un partenariat entre IBM et Apple : certains y voient une nouvelle ère du mobile en entreprise, d'autres signent déjà l'arrêt de mort de BlackBerry, voire de Microsoft… Mais toutes ces « analyses » pourraient bien n'être que fantasmes et chimères…

Commençons tout d'abord par passer en revue ce que contient exactement l'accord en question. Il se compose de 4 volets : le développement de plus de 100 nouvelles applications verticales (ciblant, entre autres, la banque et l'assurance), une intégration optimisée du cloud d'IBM pour iOS, un service de support et d'assistance AppleCare spécifique et la mise en place d'un circuit de distribution et d'administration dédié aux entreprises. Passons maintenant en revue chacun d'eux.

Du côté des applications promises, dont seulement une poignée sera disponible à l'automne, il ne faut pas attendre les miracles auxquels quelques observateurs semblent croire. Il n'est pas esquissé une seule seconde l'hypothèse d'ouvrir à la mobilité les vieux logiciels fonctionnant sur les « mainframes » (grands systèmes historiques) d'IBM. La cible est bien précisée : ce sont des solutions analytiques et décisionnelles qui deviendront accessibles sur iPad et iPhone. Et même si les « big data » sont citées, Watson n'est même pas évoqué…

Deuxième partie, l'intégration du cloud concerne en fait essentiellement la gestion de flotte mobile d'entreprise, avec ses services classiques de configuration, de sécurisation, de surveillance, d'AppStore privé… Malgré son nouveau nom, « MobileFirst Platform for iOS » ressemble étrangement à la plate-forme qui existe de longue date dans le catalogue du constructeur. La seule différence notable est peut-être l'ajout d'options de stockage dans le cloud IBM, accessibles aussi aux développeurs d'applications.

Passons rapidement sur le support AppleCare dédié (pour lequel IBM assurera uniquement les interventions sur site), qui marque tout de même un virage important de la marque à la pomme vers le marché des entreprises, sous la probable pression d'un nombre de clients en forte croissance. Il reste enfin ce positionnement de « Big Blue » en revendeur Apple, s'accompagnant d'une offre d'administration déléguée de parc, dans laquelle il est impossible de percevoir une énorme valeur ajoutée.

Quelle impression retirer de cet ensemble ? Celle d'un mélange hétéroclite, sans innovation ni ambition et peu différenciateur. Après l'abandon progressif de ses activités dans le matériel, puis les investissements massifs dans le « cloud computing », dans Watson, ainsi que, plus récemment, dans les semi-conducteurs, il devient difficile de décrypter la stratégie d'IBM. Où est la cohérence ? La réalité est que, comme bien d'autres entreprises, le géant informatique subit la révolution numérique et cherche son avenir, à tâtons.

Alors, certes, un positionnement sur le secteur en vogue du mobile, et, mieux encore, avec un des leaders incontestés du marché, peut représenter un choix sensé. Malheureusement, IBM est bien loin des attentes réelles des utilisateurs, telles qu'elles sont reflétées justement par les fantasmes relayés à l'occasion de cette annonce. Seules les grandes organisations clientes du constructeur (et surtout leurs décideurs informatiques) seront enchantées de pouvoir travailler avec leur fournisseur favori dans un domaine qui leur échappaient déjà.

Mais celles-là – qui, naturellement, comptent dans leurs rangs la plupart des banques et compagnies d'assurance – font également partie des entreprises les plus menacées par les bouleversements actuels. Ce n'est donc qu'un écosystème fermé, sans grand avenir, qui s'auto-entretient de la sorte, en conservant ses pratiques anciennes et dépassées. Et ce n'est pas en donnant à Apple l'occasion de mieux s'implanter dans ces structures, sans vision clairement établie, qu'IBM trouvera les opportunités de se réinventer…

Apple + IBM

samedi 19 juillet 2014

Réinventer la sécurité numérique

Sécurité
Dans le secteur des paiements par carte, la sécurité continue à progresser, entre, par exemple, l'adoption (enfin !) du standard EMV (avec carte à puce) aux États-Unis ou la stabilisation [PDF] des taux de fraude en France. Malgré tout, les modèles actuels arrivent en fin de vie et doivent laisser la place à de nouvelles approches…

Le message fait certes un peu « tarte à la crème », mais lorsqu'il émane d'un dirigeant de Visa Europe (Peter Bayley), il prend une autre dimension et peut retenir l'attention. D'autant plus que le constat qu'il dresse est plus profond, puisqu'il n'hésite pas à affirmer que les jours de la carte plastique sont comptés, destinés à être remplacés par des solutions sur mobile, dans le prolongement du mode « CNP » (« Carte Non Présente ») conçu initialement pour les transactions sur internet.

Au-delà de ce facteur spécifique au secteur du paiement et sous l'impulsion de l'émergence d'une nouvelle classe de solutions techniques, une tendance de fond impose de nouvelles perspectives sur la sécurité, d'un point de vue plus global : l'expérience utilisateur. Il devient en effet impossible d'ignorer les exigences des clients en matière de simplicité et de transparence d'accès aux services qui leurs sont offerts. En conséquence, les protections, toujours nécessaires, doivent de plus en plus être mises intelligemment en balance avec les risques encourus.

La logique devrait être, à chaque instant, de se poser la question : une authentification, mettant en branle des mécanismes lourds de contrôle et de cryptographie, est-elle vraiment indispensable à la transaction en cours ? P. Bayley prend l'exemple, simple et parlant, d'un consommateur qui prend un café tous les matins (à peu près) à la même heure, dans la même échoppe, et règle son achat avec sa carte, pour un montant (presque) toujours identique. A-t-il vraiment besoin de saisir son code PIN pour valider son paiement ?

Ce type de réflexion est en train de mûrir dans de nombreux domaines, en dehors des paiements et de la banque mobile, pour ne prendre que ces deux cas classiques. Ainsi, Google et Apple prennent la même direction au sein de leurs systèmes d'exploitation pour smartphones, Android et iOS. En l'occurrence, il s'agit plutôt de protéger – plus ou moins directement – les appareils ainsi équipés contre le vol, mais rien n'empêche d'imaginer l'utilisation des mêmes techniques pour toutes sortes de circonstances dans lesquelles une identification du mobinaute est requise.

Pour Android, l'approche deviendra réalité avec la prochaine génération (« Android L »). Lorsqu'il sera mis sur le marché, il ne sera plus systématiquement nécessaire de procéder manuellement au déverrouillage du téléphone lorsque le dispositif reconnaît un contexte familier et considéré comme sûr. Entre autres, la localisation du propriétaire à son domicile ou à son bureau ou l'établissement d'une connexion avec sa montre intelligente pourront ainsi lui éviter d'avoir à saisir un code pour ouvrir une application.

Chez Apple, l'ambition est plus élevée mais elle n'en est actuellement qu'au stade du dépôt de brevet (quoique la plupart des techniques exposées existent déjà par ailleurs). Le principe retenu est d'analyser à la fois le contexte et le comportement du mobinaute pour confirmer son identité. Ses lieux préférés, sa manière d'utiliser une application, ses mouvements (façon de marcher…), son vocabulaire, son orthographe, sa grammaire… seraient « surveillés » en permanence et, dès qu'une « anomalie » est détectée, une authentification supplémentaire serait exigée.

La croissance et la professionnalisation de la cybercriminalité requièrent de faire évoluer en profondeur les moyens de protection déployés sur le web et sur mobile. Mais, en parallèle, les futurs dispositifs ne peuvent se contenter d'ajouter toujours plus de contraintes dans un monde où l'utilisateur est roi. Heureusement, ces deux propositions apparemment contradictoires sont conciliables, pourvu que les nouvelles technologies (par exemple d'analyse de données) soient mises en œuvre de manière appropriée. Une certitude subsiste, cependant : « la » solution universelle n'existe pas !

Internet des Objets

vendredi 18 juillet 2014

Vers le paiement en un clin d'œil !

Dwolla
Alors qu'elles entrent dans une phase de commercialisation active, les Google Glass vont certainement commencer à susciter une vague de développements de nouvelles applications dédiées, au-delà des quelques expérimentations et prototypes présentés jusqu'à maintenant. Voici déjà leur première solution opérationnelle de paiement.

Le fonctionnement de « See2Pay » est simple, mais sans fioritures (cf. la vidéo ci-dessous). L'utilisateur, géolocalisé, se voit proposer une liste des points de vente situés dans son voisinage, parmi lesquels il sélectionne celui où il se trouve. En parallèle, le commerçant saisit le montant à payer sur son terminal, et il ne reste plus alors à l'acheteur qu'à valider la transaction d'un effleurement du doigt sur le bouton présent sur une des branches des lunettes.

Si elle s'appuie sur la technologie du désormais incontournable Dwolla, c'est au « lab d'innovation » de l'établissement processeur de paiements « The Members Group » que l'on doit la solution, conçue et réalisée sur la base des « APIs » (interfaces de programmation applicative) ouvertes de la startup. Après une période de test, elle est aujourd'hui considérée comme finalisée, il ne reste plus qu'à en fixer les modalités de distribution et de commercialisation.

See2Pay

Pour ceux qui trouveraient (avec raison) l'expérience utilisateur un peu fruste, la bonne nouvelle est que, en droite ligne de l'esprit de partage de Dwolla, les sources de l'application « See2Pay » sont mises à disposition des développeurs qui souhaiteraient se l'approprier et l'enrichir. Il y a fort à parier que des versions plus élaborées, mieux intégrées (exploitant les mouvements de tête ou l'interface vocale ?) et encore plus intuitives seront rapidement proposées.

Et là, justement, réside le principal enseignement à tirer de l'aventure. Comme toutes les entreprises, Dwolla se doit de se tenir à l'affût sur les incessantes innovations susceptibles de transformer très rapidement les usages des consommateurs. Or, pour une startup disposant de moyens limités, il n'est pas toujours aisé de répondre aux innombrables stimuli extérieurs avec la réactivité nécessaire, ne serait-ce que pour rester au fait des dernières tendances. L'ouverture des services à des tiers, via des APIs, s'avère être la solution idéale à ce dilemme.

Ainsi, dans l'exemple de « See2Pay », l'idée de concevoir une solution de paiement sur les Google Glass n'était probablement pas une priorité pour Dwolla, mais son écosystème de partenaires est suffisamment large pour que l'un d'eux ait considéré qu'elle justifie un investissement. Les deux parties profitent évidemment de l'initiative, en termes de « présence » dans un domaine émergent et prometteur mais aussi d'évaluation de l'appétence des utilisateurs pour une telle application.

Bien entendu, ce qui vaut pour une jeune pousse aux ressources réduites peut être facilement décliné dans le contexte d'une grande entreprise peu agile et plus ou moins incapable de réaliser un projet rapide et à moindre frais. Dans ce cas, ouvrir les services aux développeurs externes est un moyen de contourner les rigidités et de bénéficier des atouts particuliers des petites structures sans bouleverser l'organisation existante.

jeudi 17 juillet 2014

Le négativisme peut être utile à l'innovation

Gartner
Trop souvent, l'innovation se trouve handicapée par quelques « empêcheurs de tourner en rond » qui font (apparemment) tout pour que les nouvelles idées soient enterrées le plus rapidement possible. Mais peut-être ces personnages « indésirables » sont-ils également indispensables pour ouvrir les yeux face à certains mirages collectifs ?

Lorsque Donna Fitzgerald (analyste Gartner) évoque cette possibilité dans un billet de blog, elle le fait dans le contexte de sa propre pratique de la gestion de portefeuille de projets (« PPM » pour l'acronyme anglais). Mais le raisonnement est parfaitement applicable à d'autres domaines, à commencer par son point de départ, issu de recherches psychologiques : lorsque des groupes prennent des décisions collectivement, ils tendent à devenir exagérément confiants, limitant ainsi la capacité de chaque participant à exercer son jugement en toute objectivité.

Bien entendu, s'il est question d'innovation, cette dérive naturelle est désirable au moment de produire de nouveaux concepts : l'excès d'optimisme va permettre de dépasser les limites habituelles des réflexions et, potentiellement, déboucher sur des propositions réellement transformantes. Cependant, les phases de créativité ne sont qu'une (petite) partie du « processus » global d'innovation et les étapes de concrétisation et de mise en œuvre (filtrage, prototypage, incubation…) sont tout aussi (sinon plus) importantes.

Le négativisme, à dose raisonnable, devient alors une composante essentielle de la démarche : savoir reconnaître – en les argumentant – les défauts et les causes possibles d'échec se transforme soudain en une qualité ! Car c'est uniquement en introduisant un regard critique, voire paranoïaque, qu'il sera possible de rejeter les idées qui n'ont aucune chance réelle de succès et d'affiner les autres, suffisamment tôt pour éviter les gaspillages, au milieu d'un groupe obnubilé par les seuls aspects positifs et ignorant plus ou moins consciemment les risques.

Une fois le besoin admis, la difficulté sera de trouver le « bon » porteur du négativisme. Non que cette caractéristique soit particulièrement rare dans les entreprises, mais il faut aussi que le candidat ait la compétence requise pour rester pertinent (et efficace) dans son attitude tandis que, de l'autre côté, il sera nécessaire que les autres intervenants soient  capables de faire preuve de patience à son égard et restent à son écoute… Enfin, s'il faut en croire une étude de l'université de Stanford, une équipe ainsi rééquilibrée obtiendra de bien meilleurs résultats

No

mercredi 16 juillet 2014

Un compte iTunes prépayé pour l'iPhone

Apple Store
Sans aller jusqu'à y voir – comme n'hésitent pas à le faire quelques enthousiastes – un pas supplémentaire d'Apple vers une hypothétique entrée sur le marché des porte-monnaie mobiles, l'introduction d'une nouvelle option de rechargement de compte iTunes dans les Apple Stores a tout de même de quoi retenir l'attention.

Le service iTunes Pass, déployé uniquement au Japon à ce jour, permet ainsi aux utilisateurs d'iPhone d'acheter dans les magasins du constructeur des « crédits », qu'ils peuvent ensuite dépenser à volonté sur les différentes boutiques en ligne d'Apple : iTunes Store, AppStore et iBookStore. Dans la pratique, le fonctionnement est en tous points identique à celui des cartes cadeaux existantes, si ce n'est qu'il est, dans ce cas, totalement dématérialisé et, surtout, fluidifié (finies les saisies de code à rallonge !).

Cependant, ce qui rend l'idée particulièrement digne d'intérêt est sa mise en œuvre originale de l'application Passbook. Tout d'abord, le compte iTunes de l'utilisateur va être intégré dans celle-ci, sous la forme d'un « pass » additionnel, aux côtés des cartes de fidélité et autres billets ou tickets virtuels. Dès lors, pour procéder à un rechargement, le vendeur va simplement scanner – avec son propre iPhone – le code à barres affiché sur l'appareil du client afin de créditer (en temps réel) son compte du montant versé.

iTunes Pass

L'approche retenue représente donc un renversement du modèle classique du porte-monnaie mobile : plutôt que d'utiliser le téléphone pour régler des dépenses, il s'agit avec iTunes Pass d'exploiter exactement les mêmes mécanismes – en l'occurrence, par l'intermédiaire d'un QR Code – dans un but d'approvisionnement du compte. Ce principe pourrait aisément être décliné avec d'autres solutions du même genre, notamment les cartes bancaires prépayées (genre compte Nickel, s'il était un tant soit peu mobile ?).

Dans un pays (le Japon) où les paiements en espèces restent extrêmement répandus, la transformation du compte iTunes en un véritable compte prépayé, rechargeable en point de vente, répond à un besoin évident. Pourtant, de là à imaginer une offre de paiement mobile Apple (qui pourrait aussi s'appuyer sur Passbook, comme beaucoup l'avaient envisagée lors de la présentation de cette application), il reste tout de même une marche que la marque à la pomme ne semble toujours pas vouloir franchir.

mardi 15 juillet 2014

Le prêt P2P sans risque réussit à RateSetter

RateSetter
La finance participative – sous toutes ses formes – connaît une popularité grandissante dans le monde entier, mais elle reste malgré tout handicapée par l'inquiétude (légitime) des consommateurs quant aux risques qu'elle fait courir à leurs économies, notamment sur les plates-formes de prêts-emprunts entre particuliers (P2P).

Forte de ce constat, la jeune pousse RateSetter avait imaginé et mis en œuvre, dès son lancement en 2010, une solution simple et élégante pour rassurer les utilisateurs de son service : en complément des vérifications de solvabilité et de fiabilité de ses emprunteurs (réalisées par des moyens classiques), elle à institué une sorte de fonds de garantie – financé par les bénéficiaires, moyennant un léger surcoût de leur crédit – qui permet d'indemniser les prêteurs en cas de défaut ou d'incident de paiement.

Le système semble extrêmement efficace, puisque la startup se vante de n'avoir induit aucune perte depuis sa création. Tous les prêts ont toujours été remboursés intégralement. Et, au-delà de ce résultat « brut », il y a encore plus important : RateSetter est désormais la première plate-forme de prêts-emprunts P2P au Royaume-Uni, en volume mensuel, et elle connaît aussi la croissance la plus élevée. Les consommateurs apprécient visiblement la sécurité lorsque leur épargne est en jeu !

Page d'accueil RateSetter

Qui sait alors quels sommets le service pourra atteindre maintenant qu'une agence de notation, FE, vient d'attribuer à RateSetter un classement qui positionne ses placements à un niveau de risque légèrement plus élevé que des avoirs en espèces, en considérant que la volatilité de leurs prix restera faible ! Avec leurs rendements actuels, compris entre 6 et 7% (contre 1 à 1,5% pour les comptes d'épargne dans les banques), ils cumulent donc tous les avantages pour séduire un public toujours plus large.

L'innovation dans la finance participative prend décidément bien des formes différentes ! Depuis le concept initial, consistant à faire appel aux internautes pour prêter de l'argent à ceux qui en ont besoin, jusqu'à cette mise en œuvre d'une technique (simple mais effective) de couverture des défaillances, en passant par les nouvelles approches d'évaluation des risques, les idées ne manquent pas pour élaborer une alternative fiable et solide aux produits traditionnels.

Cependant, plus qu'un élément de réassurance pour les consommateurs, la notation obtenue par RateSetter est avant tout une importante étape supplémentaire dans la reconnaissance de la légitimité du crédit P2P. En effet, cet instrument tout jeune conforte ainsi son statut officiel, déjà relativement solide en Angleterre, comme le démontre le récent apport de 10 millions de livres par la British Business Bank. On peut donc affirmer (encore une fois) que le modèle est là pour durer, qu'il ne peut que se développer et qu'il empiétera progressivement sur le territoire des banques qui n'évoluent pas…

Information sur la British Business Bank repérée grâce à Invex (merci !)

lundi 14 juillet 2014

Ma montre surveille ma situation financière

Personal Capital
Les premières montres intelligentes (« smartwatch ») avaient déjà leurs applications financières (StockTwit, Fidelity…), l'annonce en mars dernier du système Android Wear qui leur est dédié promettait un regain d'intérêt. Si la déferlante attendue n'est pas encore au rendez-vous, voici déjà une solution de gestion de finances personnelles (« PFM »).

L'initiative est à porter au crédit de Personal Capital, jeune entreprise américaine qui cible plus particulièrement les populations aisées avec un modèle dépassant la seule gestion de budget courant. En effet, le service qu'elle met à leur disposition (gratuitement) permet de suivre non seulement les comptes bancaires classiques mais également les portefeuilles d'investissement. En complément, elle commercialise une offre de conseil en patrimoine mixant technologie et accompagnement humain.

La nouvelle application pour montre intelligente intègre ces différentes facettes de la solution de Personal Capital. Fondée essentiellement sur des notifications et alertes (optionnelles et configurables, bien entendu), elle va, par exemple, afficher au poignet de l'utilisateur la performance de ses investissements dès la clôture des marchés, signaler qu'un des objectifs budgétaires qu'il s'était préalablement fixé est atteint, ou encore indiquer des frais abusifs ou indus sur les transactions enregistrées.

La dimension de conseil n'est pas non plus négligée dans cette implémentation, puisque les informations présentées sont directement « actionnables » : d'un simple glissement de doigt sur l'écran, des recommandations d'optimisation financière vont pouvoir être proposées. Si l'utilisateur les accepte, l'application miroir est ouverte sur son smartphone ou sa tablette, lui permettant, sans autre action de sa part, de consulter les détails des actions suggérées, voire de les exécuter d'un seul geste.

Personal Capital sur une montre

Parmi les technologies « à porter », les montres intelligentes ont moins attiré l'attention que les lunettes (à la « Google Glass ») – alors qu'elles sont vraisemblablement à un stade de maturité supérieur – mais elles soulèvent aussi moins de questions éthiques et sont donc susceptibles d'être mieux accueillies par le grand public. L'arrivée de Google sur le marché avec Android Wear et le lancement de quelques modèles par des constructeurs importants (Motorola, Samsung…) va peut-être donner envie à d'autres acteurs du secteur financier de se lancer.

En tout état de cause, il est désormais certain que la « révolution mobile » ne fait que commencer. Aussi bien du côté des smartphones – de leurs capacités et des logiciels qu'ils hébergent – que dans la sphère grandissante des appareils connectés, les innovations à venir seront innombrables et se succèderont à un rythme effréné. Pour ne pas se laisser surprendre, toutes les entreprises devraient dès maintenant préparer leurs stratégies vis-à-vis des technologies mobiles actuelles et futures…

Information repérée et transmise par J.Herscovici (Anatec). Merci !

dimanche 13 juillet 2014

OKCoin lance l'algo-trading sur Bitcoin

OKCoin
La popularité croissante du Bitcoin entraîne naturellement le développement d'un écosystème d'instruments financiers, répliquant ceux qui existent sur les marchés traditionnels. L'un des derniers ajouts à cette panoplie émergente prend la forme d'une esquisse de trading algorithmique, lancée il y a quelques jours par OKCoin.

Pour ceux qui ne la connaîtrait pas encore, cette jeune entreprise opère la première plate-forme chinoise d'échange de monnaies virtuelles (Bitcoin et Litecoin). Forte de cette position privilégiée et après un récent tour d'investissement de 10 millions de dollars, elle entend maintenant étendre à la fois son périmètre géographique et son offre commerciale. Elle s'appuie pour ce faire sur une équipe mixte d'entrepreneurs locaux et de vétérans de Wall Street.

C'est dans cette optique d'expansion que les nouvelles options de passage d'ordre ont été conçues par son directeur technique, ancien de Bloomberg. Elles comprennent pour l'instant 3 modèles « classiques » : « Trigger Orders » (spécification des conditions de déclenchement d'un ordre), « Iceberg » (répartition d'une commande sur une multitude d'opérations) et « Time-Weighted Average Price » (exécution des transactions sur une période de temps donnée). Même si la qualification semble un peu exagérée, il s'agit bien d'un premier pas vers le trading algorithmique.

Page d'accueil OKCoin

Dans un sens, l'introduction de capacités de ce genre autour du Bitcoin ne doit pas surprendre. Après tout, il s'agit d'un autre signal d'une certaine arrivée à maturité du secteur. Il n'est cependant pas certain que ce soit une direction qu'apprécieront les convaincus – souvent idéalistes – de la première heure. En effet, bien qu'il puisse être considéré comme un facteur de liquidité des marchés (qui fait encore défaut à la crypto-monnaie), l'algo-trading (surtout poussé à l'extrême) est sujet à controverse.

Par ailleurs, ces nouveaux outils séduiront, bien entendu, les amateurs éclairés et les professionnels qui commencent à s'intéresser de près au Bitcoin. Malheureusement, ils sont aussi accessibles aux néophytes et ils pourraient les inciter à prendre des risques inconsidérés (certes quasi-inexistants avec les options actuelles, mais quid de celles qui viendront ensuite ?), sans qu'aucun garde-fou ne puisse les en empêcher ou, tout simplement, sans qu'ils soient clairement informés des dangers qu'ils encourent.

Plus que leurs usages éventuels par des réseaux criminels, c'est cette exposition directe des consommateurs à des instruments potentiellement préjudiciables, qu'ils ne maîtrisent pas pleinement, qui justifiera probablement à court terme l'intervention du régulateur sur les monnaies virtuelles…