C'est pas mon idée !

mercredi 2 septembre 2015

Tab, le paiement mobile pour les voyageurs

Tab.
Repérée parmi la vague FinTech de la récente promotion de startups sélectionnées par le fameux accélérateur Y Combinator, Tab (à ne pas confondre avec tab.) s'attaque à une niche du secteur financier qui n'avait pas encore été directement abordée jusqu'à maintenant : les paiements des voyageurs dans les pays étrangers.

L'oubli peut surprendre tant le système existant semble mûr pour la disruption, entre l'incapacité (souvent économique) des commerçants des régions émergentes à accepter les cartes de crédit et les coûts prohibitifs que doivent supporter les consommateurs sur les transactions en devises et les retraits d'espèces à l'étranger. Il faut cependant remettre les pieds sur terre, car tenter de transformer ainsi les paiements à l'échelle mondiale relève d'une ambition qui peut être aisément qualifiée de démesurée !

Un modèle alternatif suppose en effet d'orchestrer le déploiement de deux composantes complémentaires : une infrastructure d'encaissement dans les principales destinations touristiques (avant de viser tous les pays de la planète) et un outil de paiement universel pour le grand public. Comme toujours dans ce secteur, la principale difficulté à surmonter au lancement est de déclencher l'adoption des deux parties – commerçants et consommateurs – pendant que les usages restent embryonnaires.

Tab ne craint pas de relever le défi et offre pour ce faire quelques arguments intéressants. Côté marchand, tout d'abord, elle propose une solution simple et accessible, consistant en une application pour smartphone. La particularité de cette dernière est d'accepter aussi bien les paiements via le réseau propriétaire de la jeune pousse que par carte bancaire. Avec une tarification défiant toute concurrence (commission de 1% du montant des opérations, à comparer aux 6 ou 7% fréquents dans les pays les plus mal servis), elle se met définitivement à la portée du plus grand nombre.

Accueil Tab.

Le voyageur, pour sa part, dispose d'un porte-monnaie mobile relativement classique. Il possède cependant une caractéristique très spéciale : toutes les dépenses sont imputées dans la devise d'origine de la carte à laquelle il est lié à l'inscription, quel que soit le lieu où elles sont exécutées (les commerçants étant évidemment eux-mêmes réglés dans la devise de leur pays). Grâce à ce petit détail, Tab promet, là aussi, des économies sensibles, en dépit du prélèvement de commissions pouvant atteindre 4%.

La révolution opère donc ici sur deux plans distincts. D'une part, la startup prend à sa charge les opérations de change et peut, de la sorte, réduire les coûts des transactions. La méthode utilisée est gardée secrète mais j'aime à imaginer qu'une approche à la TransferWise est mise en œuvre pour optimiser les flux. D'autre part, elle fait supporter une bonne partie des frais aux consommateurs – de manière très explicite – et non aux commerçants, un choix finalement logique pour une cible de marchés émergents.

Ces recettes sont astucieuses mais elles ne garantiront pas à elles seules le succès. Il risque d'être difficile, par exemple, de faire accepter aux voyageurs des commissions directes sur leurs achats, alors que les coûts des opérations par carte – généralement beaucoup plus élevés – sont totalement masqués. Il n'en reste pas moins que la combinaison d'innovations – en matière de paiements mobiles et de change 2.0 – développée par Tab aboutit à un concept qui stimule l'imagination

mardi 1 septembre 2015

Barclays : le Bitcoin pour une bonne cause

Barclays
Ce n'est un secret pour personne, un grand nombre de banques dans le monde explorent le Bitcoin et ses possibles usages. Barclays fait partie de celles-ci et elle s'apprêterait, selon un article du Sunday Times, à lancer une première application publique – encore expérimentale, toutefois – à destination des organisations caritatives.

L'information est plutôt sommaire, puisque les seuls détails rapportés, à ce stade, établissent que la banque engagerait un partenariat avec une plate-forme de change, afin d'offrir une solution de paiement en Bitcoin aux associations de bienfaisance britanniques. L'initiative est particulièrement notable parce qu'elle concerne directement l'utilisation de la crypto-devise et non – comme pour la plupart des expériences en cours dans d'autres établissements – sa technologie sous-jacente (la « blockchain »).

Dans cette perspective, le choix de cibler le secteur caritatif paraît extrêmement judicieux. En effet, les bénéficiaires seront certainement sensibles à un des principaux avantages de la monnaie Bitcoin, qui est de réduire drastiquement les coûts des transactions, y compris pour des transferts de petits montants. La dynamique de la générosité publique pourrait s'en trouver totalement révolutionnée, en rendant viables – à la fois économiquement et techniquement – les dons de quelques centimes.

La coïncidence n'est probablement pas due au hasard, mais la démarche fait justement écho à une étude commanditée par la banque au printemps dernier. Celle-ci faisait état du risque auquel s'exposaient les trop nombreuses organisations de charité tardant à mettre en place des plates-formes de donation en ligne ou mobile. Une offre basée sur Bitcoin apporterait une réponse idéale à celles qui craignent les coûts (généralement élevés) des services de paiement par SMS, classiques dans ce milieu.

Il est vrai que le bond technologique associé est susceptible d'effrayer les associations, surtout avec la réputation encore sulfureuse qu'ont les crypto-devises au sein du grand public. Mais, en la matière, Barclays a non seulement la notoriété suffisante pour rassurer ses clients mais elle dispose également du savoir-faire nécessaire pour en rendre l'usage simple et transparent. En rêvant un instant, on pourrait même concevoir un système de dons en Bitcoin intégré de manière invisible à son porte-monnaie mobile PingIt

Barclays

Information repérée grâce à J.M. Billaut (merci !)

lundi 31 août 2015

Finsquare veut rassurer ses prêteurs

Finsquare
Sous l'impulsion d'une réglementation dédiée et de l'entrée en scène des institutions financières traditionnelles, le crowdfunding explose littéralement en France. Cependant, le marché est relativement immature et les risques qu'il comporte sont parfois sous-estimés. Finsquare tente de rassurer avant qu'un drame ne survienne.

En effet, en dépit de quelques alertes (notamment du côté d'Unilend), les particuliers qui financent directement les entreprises sur les plates-formes de crédit P2P (de « pair à pair ») ont facilement tendance à oublier que le remboursement d'un emprunt n'est jamais garanti à 100%, quelles que soient les précautions prises lors du processus de sélection des dossiers. Alors, afin de prémunir ses clients contre ce danger, Finsquare a récemment choisi de souscrire une assurance sur les opérations qu'elle gère.

La garantie offerte est relativement limitée puisqu'elle couvre seulement 50% du capital, sur les prêts d'une durée maximale de 18 mois – alors que la maturité moyenne des opérations traitées est de plus de 21 mois – et n'est effective que contre les risques de décès ou d'incapacité du représentant légal ainsi que le redressement et la liquidation judiciaires de l'entreprise financée. Il n'est donc pas question, en particulier, de prendre en charge les comportements délinquants des emprunteurs indélicats.

Ces limitations ne peuvent surprendre, car le contrat est souscrit auprès d'une compagnie d'assurance classique (Groupama Gan Vie, en l'occurrence) et que cette dernière ne dispose que de très peu de données fiables, qui lui permettraient d'évaluer les risques spécifiques à l'activité du crowdfunding. Les statistiques officielles de Finsquare, par exemple, font encore état d'un taux de défaut nul, sur une cinquantaine d'opérations, représentant un montant total de prêts de 830 000 euros.

Finsquare

Selon toute vraisemblance, ces faibles volumes constituent également la raison pour laquelle la startup a recours à une compagnie externe et non, comme ses consœurs britanniques Zopa et RateSetter, à une réserve de garantie gérée en propre. Cette dernière option est pourtant la plus séduisante, parce que – outre le fait qu'elle établit un prolongement logique de l'approche P2P sur l'assurance des prêts – elle permet d'adapter au mieux la protection des consommateurs aux usages et aux risques réels.

En attendant que Finsquare puisse (un jour, peut-être ?) adopter ce modèle, son initiative immédiate est empreinte de bon sens. Car, malgré la faveur dont elle jouit auprès du grand public, la finance participative ne pourra véritablement décoller sans développer la confiance. Or, non seulement celle-ci n'est pas entièrement acquise aujourd'hui mais, de plus, elle est à la merci d'un retournement médiatique qui ne manquera certainement pas de se produire, à l'occasion d'une défaillance quelconque.

dimanche 30 août 2015

Apple Pay arrive dans les petits commerces

PayAnywhere
En 2010, Square rendait les encaissements par carte accessibles à tous les commerçants, jusqu'aux plus petits. Hélas, son offre et celles de ses concurrents ont du mal à suivre l'évolution qu'a connue le monde des paiements au cours des 5 dernières années. Ainsi, la première solution supportant Apple Pay vient seulement d'être annoncée.

Après l'euphorie des débuts, la révolution promise par les applications d'encaissement sur mobile s'est rapidement heurtée aux réalités d'un marché difficile, dans lequel la survie est conditionnée par l'atteinte d'une masse critique hors de portée d'une startup. Alors, les acteurs spécialisés ont commencé à diversifier leurs activités. Sur le site de Square, par exemple, il n'est plus question que de gestion de caisse, tandis que l'européen iZettle se lance maintenant dans le crédit aux petites entreprises.

Parmi les raisons du désenchantement, la migration des États-Unis vers le standard EMV et les cartes à puce joue un rôle important. Pour Square et ses équivalents américains, il devient problématique – comme l'avaient constaté avant eux leurs émules européens – de distribuer gratuitement un lecteur dont le prix de revient est impossible à rentabiliser avec de petits volumes de transactions. Quand arrive ensuite Apple Pay et son interface sans contact, l'équation devient de plus en plus insoluble…

Les petits commerçants vont-ils donc être abandonnés à leur triste sort et devoir se résigner à revenir aux règlements en espèce ? Non, car un nouvel acteur entend se positionner sur ce segment : Apple. Certes, c'est à travers un partenariat avec PayAnywhere que la démarche est mise en œuvre, mais l'exclusivité de la distribution – dans les boutiques de la marque à la pomme – donne une idée assez précise de son principal instigateur (tout comme les 5 000 dollars d'opérations Apple Pay sans frais).

Apple Pay avec PayAnywhere

Naturellement, la première motivation de cette initiative est de favoriser le développement des usages du paiement via l'iPhone. En effet, l'équipement des commerçants en terminaux compatibles a fait d'immenses progrès depuis les débuts de la solution (en Amérique du Nord) mais il est encore loin d'être universel. Alors, démontrant de la sorte le sérieux et l'ampleur de ses ambitions dans le domaine des paiements mobiles, Apple s'attèle directement à la tâche de combler cette lacune.

Ce faisant, la firme s'infiltre un peu plus sur le territoire des banques, alors que celles-ci pouvaient croire que les difficultés rencontrées par les nouveaux entrants leur laisseraient le champ libre auprès des petites entreprises. Elles vont au contraire se trouver face à un adversaire extraordinaire, susceptible, encore une fois, de leur imposer ses 4 volontés, voire de leur damer le pion entièrement. Or, il semblerait que, pour l'instant, elles ne se pressent pas d'adapter à Apple Pay leurs offres destinées aux petites structures…

samedi 29 août 2015

Une banque kenyane sur les réseaux sociaux

NIC Bank
Malgré quelques initiatives dans les pays développés, l'accès aux services bancaires depuis les médias sociaux reste essentiellement l'apanage des marchés émergents. Le Kenya s'apprête maintenant à rejoindre cette longue lignée d'innovation, avec le lancement annoncé par la NIC Bank d'une offre particulièrement riche.

C'est en fait une véritable plate-forme de « banque sociale » – baptisée NIC Konnect – qui va être déployée. Celle-ci permettra aux clients de l'établissement de réaliser leurs opérations sur Facebook et Twitter, évidemment, mais également sur les services de messagerie instantanée WhatsApp et Telegram. Dans un premier temps, seront proposés la consultation des soldes de compte et des dernières transactions, l'achat de minutes de téléphonie, l'exécution de virements et le règlement de factures.

À terme, les paiements aux commerçants et entre particuliers, la commande de chéquiers et de cartes, la localisation d'agences et d'automates… viendront compléter la liste des fonctions disponibles. Il est même évoqué la possibilité, pour les non clients, d'ouvrir un compte depuis leur réseau social préféré. La sécurité – d'autant plus critique dans une banque qui a été victime d'une attaque au début de l'année – sera assurée par la mise en place d'un code PIN dédié à la connexion à ces nouveaux canaux.

Page d'accueil de NIC Bank

Le Kenya est actuellement un des pays du continent africain les plus dynamiques sur les réseaux sociaux. Ses 24 millions d'internautes – sur une population totale d'environ 42 millions d'habitants – y consacreraient la moitié de leur temps en ligne. Facebook, à lui seul, compterait 4 millions d'utilisateurs et WhatsApp atteindrait déjà 1,8 millions d'installations, tandis que Twitter aurait 700 000 inscrits actifs. Comme ailleurs dans le monde, ce sont les jeunes générations qui sont le plus en pointe sur ces usages.

En conséquence, pour la NIC Bank, il est naturel de chercher à séduire cette cible et de développer, dans ce but, une présence sur les médias de prédilection de ses représentants, facilitant de la sorte leurs interactions avec la banque. Mais, par comparaison avec des expériences similaires, la logique est ici poussée à l'extrême, en intégrant l'ensemble de l'offre dans la démarche et en la déployant simultanément sur les plates-formes les plus utilisées, quitte à devoir appréhender des modes opératoires spécifiques (WhatsApp, par exemple, imposera une approche conversationnelle).

Avec M-Pesa, le Kenya est devenu le pionnier des échanges d'argent sur mobile. Ce qui se dessine aujourd'hui est peut-être une retombée plus ou moins directe de l'avance prise alors. D'une part, les banques sont fortement incitées à reprendre l'initiative face à l'irruption d'un acteur externe (SafariCom, en l'occurrence), ce qui stimule l'innovation. D'autre part, les consommateurs sont familiarisés avec des modèles alternatifs de gestion de leurs finances personnelles, donc plus enclins à en adopter de nouveaux.

Le contexte est, bien entendu, très différent dans les pays développés, mais leurs institutions financières devraient s'inspirer de l'exemple de NIC Konnect. Si elles ne le font pas, des trublions n'hésiteront pas à les devancer, car il se trouvera forcément des clients pour une telle vision, tellement en phase avec les habitudes des jeunes. Et ce sera une brèche supplémentaire qui sera alors ouverte dans la relation bancaire…

vendredi 28 août 2015

La Silicon Valley aura sa banque en kit

Silicon Valley Bank
Ayant échoué dans son projet autonome d'API bancaires, Standard Treasury a été récemment rachetée par la Silicon Valley Bank. Ainsi armée, cette dernière s'apprête désormais à concrétiser (enfin !) la promesse de services financiers que les clients peuvent assembler à leur convenance, comme des briques de LEGO®.

S'il aboutit réellement à une telle issue, le mariage semble idéal. En effet, d'un côté, les API de Standard Treasury sont conçues pour procurer aux entreprises la flexibilité d'intégrer les fonctions bancaires au cœur de leurs processus et de leurs outils de gestion et, de l'autre, les clients commerciaux de la Silicon Valley Bank comprennent – par vocation naturelle – une forte proportion d'entreprises technologiques, petites et grandes, possédant évidemment toutes les compétences nécessaires afin de profiter au mieux de l'accès ouvert qui leur est proposé.

La banque avait déjà collaboré avec la startup avant son acquisition, allant jusqu'à mettre en place un prototype, que ses clients avaient alors apprécié. Elle a maintenant établi une feuille de route en vue d'un déploiement global, dont la première phase – prévue avant la fin de l'année – verra la mise à disposition d'interfaces de paiement (aussi bien pour les virements interbancaires que pour les opérations sur cartes). Le contenu des étapes ultérieures n'est pas connu à ce stade, d'autant qu'il est susceptible d'évoluer selon les demandes et les circonstances.

Make Next Happen Now.

Certes, le modèle que met en place la Silicon Valley Bank n'est probablement pas généralisable en l'état : en dehors des spécialistes et, peut-être, de quelques grands groupes, peu d'entreprises seront prêtes à se pencher sur les arcanes du développement pour mettre en œuvre les API bancaires. En revanche, l'émergence de ce genre de services dans les banques devrait normalement inciter les fournisseurs de progiciels à les intégrer dans leurs solutions, répandues dans les organisations de toutes tailles.

En attendant, la siuation est plus ou moins verrouillée, aucune des deux parties ne souhaitant investir sans perspective claire de résultats. Selon toute vraisemblance, il s'agit même d'une des principales raisons du peu d'intérêt suscité par le concept d'API dans le secteur financier. Or, les géants des technologies ont démontré que la mise à disposition d'interfaces a toujours induit de nouveaux usages, qui représentent ensuite un avantage concurrentiel indiscutable. Même si l'équation est plus simple pour elle, l'exemple de la Silicon Valley Bank devrait inspirer d'autres initiatives…

jeudi 27 août 2015

Le scoring « social » progresse en Europe

FriendlyScore
Si elles tendent à se développer rapidement sur les marchés émergents, les nouvelles approches du score de crédit sont encore relativement discrètes en Europe. Avec le lancement de sa solution basée (presque) exclusivement sur l'analyse des relations sociales, FriendlyScore veut servir les consommateurs du monde entier, sans discrimination.

Où qu'ils résident, les internautes représentent un potentiel important pour son modèle. D'un côté, moins de 10% des populations (de plus de 15 ans) des pays en voie de développement auraient eu l'occasion d'emprunter auprès d'une institution financière. De l'autre, plus de 9 millions de jeunes européens seraient chaque mois en quête d'un prêt et 87% de leurs demandes seraient rejetées. Le COO de la startup raconte comment il a lui-même peiné à obtenir sa première carte de crédit en arrivant à Londres, en dépit de son diplôme de Harvard et de son emploi dans une grande banque…

Avec le système existant, l'espoir d'obtenir un prêt est mince pour les personnes sans historique bancaire. En revanche, la plupart d'entre elles – en particulier parce qu'elles sont souvent issues de la Génération Y – sont présentes et actives sur les réseaux sociaux : le taux d'utilisation se rapproche de 100% dans les régions développées et atteint déjà 30%, en moyenne, dans les pays émergents. Selon FriendlyScore, cette adoption massive constitue donc une extraordinaire opportunité d'inclusion financière.

Forte de cette conviction, la jeune pousse se propose de définir un score d'un autre genre, basé sur ces usages des médias sociaux. En 5 minutes et en 3 étapes – la connexion successive des comptes Facebook, Linkedin et Twitter (seul le premier étant obligatoire) –, elle va déterminer la fiabilité financière du candidat, en analysant ses informations personnelles (historique de formation, d'emploi, de résidences…), ses contacts et relations, ses horaires d'activité en ligne, le contenu de ses interactions…

3 raisons pour le scoring alternatif

L'exercice, que tout un chacun peut tenter sur le site de FriendlyScore, n'est pas uniquement théorique. La solution est mise à la disposition d'acteurs financiers sous forme de service en « cloud » (SaaS). Concrètement, au moins un fournisseur européen de crédit pour les sites de e-commerce l'a déployée en production, de même que 3 plates-formes de finance participative, tandis que plusieurs banques en ligne mèneraient actuellement des expériences pilotes, aux 4 coins de la planète.

Une intéressante spécificité de l'approche de FriendlyScore est de chercher à établir de véritables partenariats avec ses clients. Ainsi, au moins dans cette première phase de montée en puissance de son activité, elle leur demande de lui transmettre, en retour de son service, des informations sur les comportements des utilisateurs qu'elle a évalués (incidents de remboursement, ponctualité…), afin d'affiner ses modèles de corrélation et, par conséquent, la qualité de ses scores.

À terme, la startup envisage de commercialiser sa solution auprès des institutions traditionnelles. Dans ce cas, son argumentaire sera peut-être moins focalisé sur l'inclusion financière et plus sur d'autres avantages, aussi importants pour la banque du XXIème siècle – par exemple un accès immédiat à une évaluation en quasi temps réel (loin des systèmes classiques dont les données de référence deviennent rapidement obsolètes). Les acteurs historiques sauront-ils saisir l'opportunité ?

mercredi 26 août 2015

Avec Penny, le PFM devient bavard

Penny
Après quelques années d'euphorie, le soufflé de la gestion de finances personnelles (PFM) semble être retombé, vraisemblablement sous le poids des difficultés à fidéliser les consommateurs. Parmi les dernières tentatives de sauver le concept, une startup américaine parvient encore à surprendre, avec une approche réellement originale.

Penny – c'est le nom de sa solution – est en effet une assistante virtuelle interactive, disponible uniquement sur mobile. Plutôt que de consulter sa situation financière en naviguant dans une application classique, l'utilisateur « tchatte » avec elle, en langage naturel, comme avec un conseiller. Qu'il s'agisse de connaître les derniers événements survenus sur son compte ou d'obtenir une réponse à une question précise, le service renvoie instantanément l'information demandée, sous une forme toujours pratique.

Lors du premier échange matinal, Penny signale les mouvements intervenus depuis la veille (rentrées d'argent, achats importants…) et rappelle les échéances à venir (une facture à régler ?). De temps à autres, elle va glisser dans la conversation une alerte, par exemple à propos d'un petit écart de comportement. En parallèle, les classiques du PFM – liste de transactions, répartition des dépenses par catégories, évolution du budget de mois en mois… – sont également accessibles, il suffit de les demander à Penny.

Application mobile Penny

Le renversement de paradigme que propose cette application « à interroger » ne manque pas d'avantages distinctifs. En premier lieu, outre son alignement avec la mode des outils de messagerie instantanée, les conversations avec une assistante – aussi virtuelle soit-elle – induisent un engagement personnel qui devrait favoriser une meilleure appropriation des informations délivrées. De plus, le ton léger adopté, certains aspects subtilement ludiques, ainsi que la personnalisation implicite des interactions contribuent à maintenir l'envie et le plaisir d'utilisation dans la durée.

La caractéristique est peut-être moins immédiatement visible, mais le principe retenu est aussi un extraordinaire facteur de simplification de l'accès à la gestion de budget : quoi de plus facile que de poser une question à un interlocuteur presque humain ? Quelle que soit la complexité de sa situation, le mobinaute peut trouver ce qu'il recherche en un clin d'œil, sans avoir à apprendre les arcanes d'une application supplémentaire. Certes, le tableau est un peu idéalisé, mais l'idée mérite de s'y arrêter, n'est-ce-pas ?

Et l'imagination ne s'arrête pas à ces prémices. Au fur et à mesure du développement de ses compétences et de sa connaissance de l'utilisateur, Penny pourra prendre de l'assurance et devenir plus pro-active, capable, d'une certaine manière, de prédire l'avenir et de prodiguer des conseils avisés. Le concept rappellera quelques expérimentations de banques (celle d'USAA, entre autres), mais elle est ici pour la première fois implémentée dans une solution indépendante…

Service repéré grâce à Bradley Leimer (thanks!)

mardi 25 août 2015

La Banque d'Angleterre explore Twitter

Banque d'Angleterre
Nous étions prévenus : la Banque d'Angleterre s'intéresse aux sources d'information non conventionnelles pour améliorer ses prédictions économiques. Le déroulement d'une de ses récentes expériences en la matière donne lieu à la publication d'un passionnant billet sur le blog ouvert à l'expression de ses collaborateurs, « Bank Underground ».

C'est à l'occasion du référendum sur l'indépendance de l'Écosse, organisé le 18 septembre 2014, qu'une équipe de spécialistes de l'analyse de données à testé une nouvelle approche du sondage d'opinion, basée sur l'analyse en temps réel des conversations sur les réseaux sociaux. Plus précisément, elle souhaitait déterminer si elle était en mesure de prédire une panique bancaire en cas de victoire du oui, en utilisant seulement les messages émis sur le site de micro-blogging Twitter.

Pourquoi ce choix de Twitter ? En deux mots, parce que ses contenus sont extrêmement riches tout en étant relativement faciles à exploiter. En dépit de leur limitation à 140 caractères, les 6 000 gazouillis postés chaque seconde dans le monde représentent ainsi une matière première inépuisable, facilement accessible et adaptée à une exploitation sur les sujets les plus pointus. De plus, son flux continu, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, offre une perspective extraordinaire sur la dynamique des opinions.

Ces seuls atouts dépassent largement toutes les possibilités des médias traditionnels (indicateurs de marché, presse, enquêtes…). À ceux-là, il faut encore ajouter les éléments de contexte fournis avec beaucoup des messages publiés sur les réseaux sociaux, qu'il s'agisse de références (liens vers des articles de journaux, citations de personnalités influentes…) ou d'information de localisation (grâce aux tweets géo-marqués), qui permettent d'approfondir à loisir les premiers résultats de l'étude.

Analyse de sentiment via Twitter

La théorie est séduisante mais le passage à la pratique n'est pas sans écueil. Outre la non représentativité statistique des utilisateurs de Twitter, il n'est en effet pas si simple d'interpréter correctement les contenus, en raison de la diversité et de la prolixité de la plate-forme. Même avec l'approche simple adoptée par l'équipe de la Banque d'Angleterre – basée essentiellement sur la recherche combinée du mot « run » (comme dans « bank run ») avec des grandes enseignes de banques –, des perturbations ont été enregistrées (notamment autour de « RBs », lors d'une rencontre sportive aux États-Unis !).

Ces difficultés – et d'autres (dont l'impératif de garantir la confidentialité de la recherche, pour ne pas déclencher la panique sur laquelle elle porte) – font partie des enseignements que retire l'institution de son expérimentation. Au-delà de ce galop d'essai, ses « data scientists » s'inspirent de travaux académiques, par exemple sur la détection de tendances dans le marché de l'emploi (avec des références plutôt convaincantes) pour envisager la suite de leurs explorations et affiner leur méthodologie.

lundi 24 août 2015

L'investissement automatisé se spécialise

FutureAdvisor
Tandis que les plates-formes d'investissement automatisé – de plus en plus nombreuses – se livrent une bataille féroce, elles développent de nouvelles approches pour séduire les consommateurs. L'une d'elles, FutureAdvisor, propose depuis peu un outil de collecte de dons exclusivement destinés au financement des études des enfants.

S'il existe dans nombre d'autres pays, à des degrés divers, le problème des frais de scolarité est particulièrement critique aux États-Unis. Là-bas, très tôt, les parents prudents épargnent et mettent à contribution leur entourage afin de faire face à cette lourde charge. Les américains disposent même d'un régime fiscal spécifique (le compte « 529 »). Dans ces conditions, quoi de plus naturel pour FutureAdvisor que de tenter de capter cette population et l'inciter à adopter sa solution dans ce but ?

L'idée prend corps sous la forme d'un espace en ligne, FutureGift, sur lequel les parents vont créer des campagnes – un peu comme sur un site de finance participative – en vue de collecter de l'argent auprès de leurs proches. Ils pourront répéter l'opération aussi souvent qu'ils le souhaitent, par exemple à chaque anniversaire. L'engagement de la société est que les fonds rassemblés ne peuvent être transférés que vers un compte d'épargne « 529 », au nom de l'enfant désigné. L'avantage est donc évident par rapport à l'incertitude susceptible d'entourer un don en espèces ou par chèque.

FutureGift

Dans un registre plus anecdotique, FutureAdvisor rend son système encore plus attractif en permettant de « matérialiser » le présent offert, ce qui est évidemment impossible avec des moyens de paiement traditionnels. Chaque campagne donne ainsi lieu à la production d'un certificat « officiel », encadré et enveloppé dans un emballage cadeau, accompagné d'une carte mentionnant tous les contributeurs, à remettre à l'enfant (ou à ses parents) en mains propres lors de l'événement célébré, le cas échéant.

Étonnamment, la startup n'oblige aucunement les utilisateurs à retenir sa plate-forme d'investissement pour gérer l'argent collecté, une fois venu le moment de le transférer vers un compte d'épargne. Elle espère tout de même conquérir de nouveaux clients grâce à son service, ce qui justifie aussi son entière gratuité, de la création des campagnes aux paiements, en passant par l'envoi des certificats et, cerise sur le gâteau, un abondement direct sur les contributions (25$ pour chaque groupe de 4 participants).

Le modèle de FutureGift ne sera certes pas directement réplicable partout dans le monde, mais il pourra constituer une excellente source d'inspiration. Il rappelle d'ailleurs l'initiative récente de la Caisse d'Épargne hexagonale, avec ses « Livrets à Connecter ». Cependant, lorsque l'idée originale se trouve couplée à une plate-forme d'investissement 2.0 (et ses promesses de rendement sans commune mesure avec un Livret A !), elle prend immédiatement une toute autre dimension

À lire également, sur FutureGift, cet article de TechCrunch.